Société

Pacte national : quand toute la classe politique, économique et sociale fait front commun pour la stabilité, une grande première pour Haïti

La signature du Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections au Ritz Kinam 2 s’inscrit comme un moment rare de convergence dans l’histoire politique récente d’Haïti. L’événement ne se limite pas à un simple acte protocolaire : il illustre l’entrée simultanée de plusieurs secteurs de la vie nationale dans une dynamique collective orientée vers la stabilisation du pays et la préparation du processus électoral. Partis politiques, organisations de la société civile, structures économiques, mouvements citoyens et représentants associatifs ont choisi de s’inscrire dans une démarche commune, donnant au pacte une portée multisectorielle et symbolique forte.

Sous l’impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, les consultations menées en amont ont permis de créer un espace de dialogue ayant progressivement transformé la fragmentation politique en dynamique de rassemblement. Les images captées sur place traduisent cette mobilisation : files d’attente pour parapher le document, signatures apposées sur les registres et échanges entre acteurs politiques et sociaux témoignent d’une volonté de « tèt ansanm » rarement observée dans la période récente.

Le pacte rassemble pratiquement l’ensemble de la classe politique et une large majorité d’organisations de la société civile. Fanmi Lavalas, PHTK, OPL, EDE, ASE, En Avant, LAPEH, Renmen Ayiti, PONT, RASANBLE et le Groupe de Réflexion du 21 Décembre figurent parmi les formations politiques ayant adhéré à l’initiative. À ces forces s’ajoutent des organisations syndicales, des chambres de commerce et des organisations patronales telles que l’ADIH, la HAMCHAM, l’ATH et l’Institut Macaya, ainsi que plus d’une centaine d’autres organisations et jeunes partis.

Les signatures observées reflètent également la diversité des acteurs impliqués. Liné Balthazar pour le PHTK, Ouanche Luc pour Vwa Lwès, Paul Pierre Louis pour Fanmi Lavalas, Jean Gué pour Konba, Claude Joseph pour EDE et Dario Siriack pour l’OPL, Tolbert Alexis, David Genesté, et Senateur Evaliere Beauplan ont apposé leur signature, symbolisant l’engagement des principales forces politiques. Du côté des organisations sociales, Marjorie Michel pour Fanm Angaje, Pascal Adrien pour Toutouni, ainsi que Rony Timothée et Biron Odigé pour Viv Haïti ont également rejoint la dynamique, renforçant la dimension inclusive de l’accord.

Cette convergence se distingue par une caractéristique centrale : la signature du pacte ne s’inscrit pas dans une logique de partage de postes ou d’intérêts partisans. Plusieurs représentants ont insisté sur ce point lors de leurs interventions médiatiques. L’un d’eux, interrogé au micro sur place, a déclaré que les signataires ne recherchent pas de bénéfices politiques ou institutionnels immédiats, affirmant que la priorité demeure la stabilisation du pays. « Nou pa vini dèyè pòs, nou pa siyen pou pòs. Sa n bezwen se estabilite, sekirite, lib sikilasyon, pwoteksyon lavi nou ak byen nou, pou pèp la retounen lakay li epi eleksyon fèt », a-t-il déclaré, résumant l’esprit dans lequel l’accord a été paraphé.

Le pacte apparaît ainsi comme un instrument de coordination nationale visant à répondre aux préoccupations fondamentales exprimées par les acteurs politiques et sociaux : sécurité, libre circulation, protection des vies et des biens, retour des populations déplacées et organisation d’élections crédibles. Cette orientation contribue à renforcer la perception d’un accord fondé sur l’intérêt collectif plutôt que sur des calculs partisans, donnant à l’événement une portée symbolique forte.

La signature du pacte constitue également un moment inédit dans la mémoire politique récente du pays. La participation simultanée de partis politiques, d’organisations de la société civile et d’acteurs économiques à un accord structurant la transition traduit une volonté de dépassement des clivages et d’instauration d’un cadre de dialogue durable. Les images de leaders se succédant pour parapher le document illustrent cette dynamique de rassemblement et renforcent l’idée d’un engagement collectif pour la stabilisation.

Au-delà de la dimension symbolique, le pacte établit une feuille de route définissant les responsabilités institutionnelles et les orientations stratégiques de la transition. Il encadre la sécurisation du territoire, le renforcement institutionnel et la modernisation du processus électoral, tout en affirmant la nécessité d’un climat de confiance propice au retour à la légitimité constitutionnelle.

Le leadership du Premier ministre apparaît comme un facteur déterminant dans la concrétisation de cette dynamique. Les consultations menées avec les forces politiques et sociales ont permis de transformer la concertation en engagement formel, favorisant la signature d’un accord perçu comme une étape majeure dans la structuration de la transition. Cette approche, fondée sur le dialogue et la recherche de compromis, a contribué à mobiliser des acteurs aux sensibilités diverses autour d’un objectif commun.

La signature du Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections s’impose ainsi comme une illustration de la capacité des forces politiques et sociales à privilégier la coopération face aux défis institutionnels et sécuritaires. Entre portée symbolique et dimension stratégique, l’événement reflète une volonté collective de stabilisation et de reconstruction, incarnée par l’image de signatures apposées au bas d’un document destiné à encadrer la transition.

Desk Report

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